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Virée à Prague en mode minimaliste

Photo du rédacteur: Daphné
Daphné
20 oct.
5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 7 jours

Un début d'année éprouvant, un choix professionnel à acter, un anniversaire qui approche, une cité de cœur que je n'ai pas vu depuis presque 3 ans : la liste est longue offrant un terreau fertile pour une petite coupure de quelques jours. C'est parti pour une échappée belle à Prague !



Ni une ni deux, je commence à regarder les billets d'avion. Et là, douche froide : le prix n'inclut désormais plus les bagages cabines. Avec le budget rikiki qui est le mien, pas d'autres choix que de partir avec le strict nécessaire, en mode minimaliste.


Il faut dire que je m'étais déjà initié à ce type de voyage en Australie (👉 voir mon récit "Le Grand Saut") puis lors de mon périple avec mon cheval de la Brie au Mont-Saint-Michel (👉 voir mon récit "Le Voyage à Six Pattes"). Mais là, j'allais carrément pousser le concept encore un peu plus loin, en ne prenant que l'essentiel dans un p'tit baluchon. Cette nouvelle virée à Prague promet donc encore de détonner avec les précédentes !


L'Australie, parlons-en. C'est là où pour la première fois, j'ai été en auberge de jeunesse, me retrouvant à partager une chambre avec des gens venus des quatre coins de la planète, aux cultures et aux manières de vivre différentes. N'ayant pas envie de me retrouver seule dans un logement, je vais alors réitérer l'expérience à Prague, espérant que je ne vais pas tomber sur des gens allumant la lumière de la chambre en pleine nuit pour rejoindre leur lit.


Les billets d'avion et l'auberge réservés, il est temps de faire mon sac et de quitter, non sans un pincement au cœur, mon fief malouin. Dans mon p'tit baluchon : un carnet, un appareil photo, une trousse de toilette avec notamment des protège-slips à changer tous les jours, et une paire de chaussette. Oui, oui, c'était vraiment le strict minimum !



Après un arrêt chez ma famille à Provins, direction l'aéroport. Le vol s'est fait en mode "je-m'assure-que-tout-est-OK-même-si-en-réalité-je-ne-contrôle-absolument-rien". Il n'y a pas à dire : plus ça va et moins je me sens à l'aise dans ce genre d'engins. Ma nervosité s'est malgré tout confirmée par un message du pilote nous informant que notre arrivée allait être compliquée par un manque de visibilité sans que cela ne remette en cause la sécurité du vol. C'est en effet un épais brouillard qui nous attendait à l'atterrissage. Drôle de comité d'accueil pour ce retour aux sources !



Plus de peur que de mal, je prends ensuite la direction du centre où est située l'auberge de jeunesse, un endroit pour le moins atypique où je vais poser ma maigre valise et séjourner pendant quelques jours. Avec seulement 2 chambres de 8 lits chacune, on a plus l'impression d'être dans une colocation qu'autre chose. Il y a des jeux de société ou des DVD (oui, ça existe encore !) si on a envie de se socialiser. Mais si ce n'est pas le cas, comme ça arrive souvent chez moi, il y a des coins tranquilles où l'on peut se poser, comme ces hamacs suspendus au plafond.



Installée dans ma chambre et mon sac vidé de ce qui n'est pas nécessaire pour la journée, je peux enfin aller me balader avec absolument RIEN mais RIEN de planifié. Mes pas m'emmènent dans un premier temps à Nový Svět (le "Nouveau Monde"), un quartier pittoresque derrière le château que j'adore. Puis direction le parc de Petrin, avec la Tour Eiffel en miniature, où j'essaie d'éviter les plaques de verglas avant de redescendre vers l'île Kampa.



L'estomac criant sérieusement famine et commençant même à voir des petites étoiles, je me dis qu'il est temps d'aller manger. J'ai failli faire une syncope en voyant mon restau préféré, Meat & Greet Burgerhouse, fermé. C'est mon autre cantine, Pasta Fresca, qui m'a heureusement sauvé la mise. L'après-midi a été ensuite consacrée à la visite du musée Smetana où j'ai découvert la vie de celui qui a composé la célèbre Moldau, une ode au fleuve traversant Prague.



La journée s'est terminée au café Slavia, un des cafés mythiques de Prague, juste en face du Théâtre National, admirant par la même occasion le coucher du soleil sur le château. Là, je me suis adonnée à une de mes activités favorites : me poser, déguster une pâtisserie et écrire tout ce qui me passe par la tête. Et il y en avait des choses à déposer !


En venant à nouveau ici, je me suis rendue compte que ma relation avec cette ville incroyable avait changé. Fini le mode "découverte" avec une liste non exhaustive de choses à voir. Je ressens désormais le besoin de retourner dans des endroits que je connais déjà, que ce soit pour manger ou me promener. Prague est devenu alors un lieu où me ressourcer, déconnecter des activités du quotidien et mettre mon cerveau en mode "off" !



Etonnamment, ça a été aussi l'occasion de me découvrir sous un autre angle, et notamment ce côté sauvage mais sauvage d'un autre genre. J'aime en effet me poser dans des endroits où il y a du monde, écouter les gens parler même si je ne comprends rien à ce qu'ils racontent, et laisser mon esprit vagabonder. Tout cela sans être dérangée et devoir interagir avec qui que ce soit.


Cette première journée a donc donné le tempo pour les suivantes : un mode ralenti activé, un programme, si tenté qu'il y en ai un, établi à la dernière minute, flâneries, déjeuners et pauses gourmandes dans mes adresses favorites.



Une belle surprise m'attendait cependant le jour de mon anniversaire : il a neigé toute la journée, rajoutant une touche de magie à cette ville qui m'envoie déjà du rêve en temps normal ! Heureuse de fêter mes 36 ans ici, tout n'était que beauté et émerveillement : déjeuner dans un restaurant servant les plats via des petits trains électriques, une vendeuse super gentille m'aidant à choisir un sous-vêtement et une visite du Musée National au décor exceptionnel et à la vue vertigineuse sur Prague.



Revigorée et rechargée d'une nouvelle énergie, il m'a fallu ensuite me préparer au départ. Inutile de dire que ça a été très très très compliqué ! Un véritable crève-cœur où j'ai eu l'impression de devoir quitter les jupons de ma mère. Sur le chemin du retour me menant à l'aéroport, j'ai été prise d'un de ces bourdons, avec une envie folle de pleurer.


Pour ne rien arranger, le trajet a été quelque peu mouvementé. Déjà, une des 3 lignes de métro étaient mystérieusement fermée (ce qui n'arrive JAMAIS en République Tchèque), me poussant à prendre un autre trajet que je n'avais pas l'habitude d'emprunter. Puis je me suis trompée de bus pour regagner l'aéroport. Enfin, une fois à bord, le brouillard était tel que l'avion a eu besoin de faire un arrêt dégivrage avant de décoller.


C'était presque à se demander si Prague ne me mettait pas des bâtons dans les roues et tentait de me retenir. Comme le disait le célèbre écrivain Franz Kafka à son sujet, "cette petite mère a des griffes". Je suis partie en lui faisant la promesse tacite de ne pas attendre 3 ans avant de revenir. La suite au prochain épisode !

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